Gérard Fandard nous a quittés

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Notre ami Gérard Fandard, membre actif du Cercle depuis 2015, est décédé le 18 juin 2022, à l’issue de deux années de souffrances. Danièle lui a rendu hommage en notre nom par ces mots :

Gérard,
La petite équipe qui se réunit à Egliseneuve dans le jardin de l’un ou à la table de l’autre se compose de personnalités fort diverses. Pourtant une étonnante unanimité émerge lorsque nous échangeons à ton propos.
« Figure du village », entend-on souvent. Ton rayonnement social dépassait même très largement l’ombre de notre clocher. Tu l’as manifesté dans tous tes engagements, avec un remarquable sens des responsabilités, une implication passionnée et une droiture sans faille. Tu as adhéré à toutes les associations locales où tu t’es donné sans compter, par exemple dans la rédaction du journal d’ACIER. Tour à tour ou en même temps, tu as endossé plusieurs costumes, parmi lesquels : Délégué Départemental de l’Education nationale (en fervent défenseur de l’école laïque), bibliothécaire, formateur en informatique au service des Egliseneuvois désemparés devant un ordinateur, comédien espiègle et désopilant dans la joyeuse troupe de l’Escourdou .. . Tu as entretenu, dans le journal La Montagne, et partout ailleurs, un reflet valorisant de notre commune, avec la même ardeur que si tu y avais vu le jour ; tu as très activement contribué aux travaux du Cercle Condorcet, notamment sur le harcèlement scolaire qui te bouleversait.

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Le Cercle en réunion de fin d’année

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Enfin ! Pouvoir se retrouver, masqués ou pas ! C’est à Egliseneuve d’Entraigue que le Cercle Condorcet a pu tenir sa journée de fin d’année, sur invitation de ses membres autochtones. Occasion de découvrir quelques richesses naturelles de cette belle région aux confins du département, ainsi que sa gastronomie, car, même en journée d’étude, il faut bien se restaurer ! Malgré les absences, ce fut un bon moment !

Comme les autres associations, le Cercle Condorcet a fonctionné au ralenti pendant toute cette année de Covid. Les réunions mensuelles ont été maintenues grâce à la visio, mais non sans difficulté et avec une partie des effectifs seulement. Le thème de l’année était « la violence dans la société» ; un ou plusieurs nouveaux thèmes seront choisis à la rentrée prévue le 6 septembre.

Après l’assassinat de Samuel Paty

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L’assassinat de Samuel Paty, professeur d’histoire et de géographie à Conflans Ste Honorine, est une horreur absolue. Il a été décapité pour avoir fait son travail, apprendre à ses élèves ce qu’est la liberté de s’exprimer, de douter, de critiquer, comme il devait le faire dans l’Ecole de la République.

Pour autant, ni la laïcité, ni l’école, ni la République ne sauraient être en danger. La République a des lois et des institutions qui permettent de prévenir, combattre, punir les crimes, qu’ils soient de motif religieux ou de motif sordide. Elle ne peut cependant pas les empêcher totalement et  il n’y a pas lieu de changer la loi chaque fois qu’un individu passe outre, en isolé ou comme agent kamikaze d’une organisation ! Il faut que les réseaux maffieux de la pensée comme ceux de la cupidité soient pourchassés partout sans complaisance. Point de généralisation abusive, point de surenchère,  point de stigmatisation communautaire, point d’exploitation électoraliste d’une émotion légitime. Que l’école poursuive son travail et que l’Etat la protège.

Continuons, à l’école et dans nos associations, à  former des citoyens à la pensée libre ; c’est le meilleur hommage à rendre à Samuel Paty.

De la Vérité en temps de crise

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Pierre Miele, mai 2020
Texte publié dans la revue Auvergne laïque n°485

Izyum Le coronavirus a créé une situation brutale de grand trouble collectif ! Danger mondialisé, ennemi  invisible et à peine connu ; aucune communauté scientifique n’en a du moins  la maîtrise. Si le danger est un fait,  les cibles en sont incertaines, et  la population ignore les moyens de s’en protéger : force est de faire confiance… Mais à qui ? à quoi ?

Nous avons assisté à une avalanche médiatique de « vérités » péremptoires successives et de  consignes contradictoires, et deux événements ont été particulièrement marquants et démonstratifs en la matière :

– de la part de responsables nationaux  aux débuts de la pandémie,  le déni du danger et le refus d’avouer l’absence de masques et de moyens de test, dans le but de dissimuler des carences  ; cette attitude, au demeurant ridicule, qui n’est autre qu’une falsification des faits, est grave et ne peut que renforcer la méfiance déjà grande à l’égard de la parole politique et de celle des autorités de l’Etat ;

– le mépris affiché par le désormais célèbre professeur Raoult, à l’égard des procédures de preuve scientifique et son affirmation publique que tout résultat scientifique pourrait ou devrait être soumis au débat des citoyens, donne à la vérité scientifique une valeur relative que diffusent par ailleurs des idéologues obscurantistes. Il promeut par là un contresens sur la controverse scientifique qui, elle, doit exister, mais qui ne relève pas du débat d’opinion. Ce positionnement à la face du monde décrédibilise son auteur, mais risque aussi, et c’est grave, de décrédibiliser la parole scientifique.

En 2017, le Cercle Condorcet avait consacré ses travaux aux modes de pensée qui contrarient la raison1 ; le contexte invitait alors à s’interroger sur la puissance des croyances et à mobiliser les moyens qui permettent de les contrer pour que la raison triomphe.

C’est le gleefully terrorisme fanatique qui menaçait alors notre monde ; mais au danger réel des attentats perpétrés ou en préparation, s’ajoutait celui de la panique et de son exploitation par les medias avides de spectacle et d’émotions, par des idéologues prêts à diffuser leurs interprétations du phénomène, et par les gouvernants prêts à utiliser l’urgence et la sécurité  pour justifier les décisions qu’ils prennent pour notre bien.

Donc d’un côté des croyances, avec la forme extrême de l’islamisme et, au-delà, de toutes les formes d’intégrisme religieux ; et de l’autre côté des opinions sur le diagnostic (par exemple le rôle des réseaux sociaux et des prisons dans le développement du phénomène,…), puis sur la nature et l’ampleur des faits,  puis sur les mesures à prendre (déchéance de nationalité, introduction en toute hâte d’un enseignement de morale laïque à l’école…)…

A la Vérité révélée et imposée des croyances,  et aux vérités multiples des opinions concurrentes, et à plus forte raison à la falsification², nous opposons la vérité issue de la connaissance et du savoir et la capacité de jugement rationnel des individus à faire la distinction entre ces formes de vérité, et à exercer en autonomie et pleine responsabilité leur rôle de citoyen.

C’est cette capacité que  l’école publique a la charge d’outiller par l’instruction et l’apprentissage des modes de pensée eux-mêmes en créant des situations pour les exercer et les reconnaître. Chacun apprend à l’école que la vérité est le résultat d’un processus de preuve, et qu’elle fait l’objet d’un consensus que seuls les scientifiques du domaine peuvent faire évoluer s’il y a lieu. On apprend aussi à savoir qu’on ne sait pas… Et qu’alors il faut s’informer et se méfier des croyances et des opinions. L’incertitude n’empêche pas de prendre une décision, avec un certain degré de confiance.

Mais encore faut-il que les plus hautes autorités, qu’elles soient politiques ou scientifiques ne soient pas les premières à trahir ce qu’on apprend à l’école, surtout en temps de crise…

Car en temps de crise, c’est la peur qui nous fragilise ;  la menace Daech  comme celle de Covid_19 nous le montrent ; http://magnitude6.ca/?tartaruru=femme-bi-%C3%A0-hazebrouck&ca2=da la peur, bien qu’elle n’annihile pas notre capacité de penser, peut néanmoins altérer notre capacité de résistance, faire émerger des comportements irrationnels d’égoïsme,  de suspicion, de haine, et nous faire consentir collectivement à une réduction de nos libertés.

On se rassurera en constatant, qu’au-delà des exceptions, la population a, dans cette période encore, massivement réagi avec sérénité, souvent avec courage, de manière raisonnable sinon rationnelle, et cela sans oublier ses aspirations  d’avant la crise. Signe sans doute que l’école joue bien son rôle dans la formation des citoyens en leur apportant ce qu’il faut d’esprit critique.

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1 Défendre la raison en de sombres temps (Cahier n°17, Cercle Condorcet de Clermont-Ferrand – 2017)

² Les fausses nouvelles dans l’espace démocratique (sous la direction de Philippe Bourdin, Centre d’histoire Espaces et Cultures, Université Clermont-Auvergne – 2018 ) 

Réunion du Cercle dans le Cézallier

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Cette année encore, ce sont nos amis d’Egliseneuve d’Entraigue qui ont préparé l’accueil de la réunion de fin d’année (scolaire) de notre Cercle, qui se tient traditionnellement en dehors de Clermont-Ferrand. Matinée bien remplie dans la Salle du Club de l’Amitié avec un ultime débat sur « l’Europe, entre désir et réalité » thème de travail de l’année. Les travaux qui seront publiés sur le présent site seront réunis à la rentrée et constitueront le cahier n°19.

Après le travail, le groupe s’est rendu à Brion pour un déjeuner gargantuesque dans la tradition des jours de foire, avec spécialités locales très appréciées.

La pluie a empêché la visite prévue de la « butte » de Brion. Mais de passage à La Godivelle, les amis qui n’avaient pas encore rebroussé chemin ont pu assister à un surprenant mais très beau concert classique avec chanteuse d’opéra et accordéoniste tous deux de grand talent.

Ce fut donc une journée à la fois fructueuse et bien agréable. Merci à nos amis organisateurs.