Mise en avant
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Le cercle Condorcet de Clermont-Ferrand, attentif à tout ce qui concerne la citoyenneté et les fondements de la démocratie, contribue au débat public et à l’information des citoyens par ses travaux rassemblés dans des dossiers thématiques.
Dans cette rubrique, il publie des informations conjoncturelles mais aussi des réactions aux événements qui, dans l’actualité, concernent ses domaines de réflexion, en référence au cadre conceptuel et aux valeurs humanistes rappelées dans sa charte.
Nos lecteurs peuvent apporter leur contribution en ligne, en adressant des commentaires.

Rencontres régionales (part. 2) – Les « fausses nouvelles » dans l’espace démocratique

Mis en ligne le Posted on par Pierre MIELE

Le Cercle Condorcet et la FAL du Puy-de-Dôme ont organisé à Clermont-Ferrand, les 23 et 24 mars dernier, les Rencontres régionales de la laïcité de l’URFOL Auvergne-Rhône-Alpes, sur le thème « Les fausses nouvelles dans l’espace démocratique », en partenariat avec le Centre d’histoire « Espaces et Cultures ».

Ce thème, choisi dès juin 2017, est plus généralement, celui de la relation entre laïcité et vérité.
La laïcité est une liberté, et comme condition pour exercer sa pleine autonomie de jugement, c’est-aussi une condition de la citoyenneté. En effet comment comprendre et vivre la laïcité, si on ne sait pas faire la différence entre ce qui relève de la connaissance issue de la seule Raison humaine et des faits, ce qui relève des croyances provenant d’on ne sait où, du Ciel, de traditions ancestrales, de préjugés tenaces… ; et ce qui relève des opinions qui ne sont que des hypothèses ou des préférences. 
Comment agir et décider en citoyen autonome, si on ne sait pas, ou si on ne peut pas, distinguer le vrai du faux.

La laïcité protège les citoyens et l’Etat des dogmes religieux  avant  tout, mais la vie citoyenne n’est pas exposée aux seuls dogmes  religieux ; dans l’espace démocratique, il faut se protéger de toutes les formes de dogmes, et à plus forte raison des falsifications délibérées.  

Le problème posé par les « fausses nouvelles » choisi en raison de l’actualité récente, n’est donc en fait qu’une entrée dans le problème plus général des conditions d’exercice de l’esprit critique.

 

Ferreira, Miele, Le Bras
Ouverture des rencontres : Edouard Ferreira pour la FAL, Pierre Miele pour le Cercle Condorcet, Stéphane Le Bras pour le CHEC

Mais qu’est-ce donc qu’une « fausse nouvelle »

La nouvelle, annonce d’un fait brut, synonyme de bruit ou rumeur, se distingue de l’information qui est une certaine présentation du fait dans son contexte, qui en donne ou permet une interprétation.

Une nouvelle peut être fausse soit par erreur involontaire, soit par volonté délibérée, par intention de tromper. Les expressions « nouvelle faussée » ou « nouvelle falsifiée » seraient de meilleures traductions de l’anglicisme « fake-news », très utilisé dans l’actualité récente.

Et la préoccupation, pour la démocratie, c’est bien la diffusion délibérée de nouvelles fausses, fabriquées avec l’intention de tromper l’opinion.

Des exemples récents inquiétants

Le phénomène qui s’est développé aux Etats-Unis, est inquiétant. La campagne électorale américaine qui a débouché sur l’élection de Trump, s’est déroulée au rythme de « fake-news » destinées à salir la réputation de l’adversaire, mais aussi à l’occuper à se défendre au détriment de l’expression de son programme et à détourner l’attention des citoyens de leurs intérêts réels et des objectifs politiques réels des candidats. Systématisée,  cette technique transforme la campagne en une mascarade, le discours politique en une suite de slogans, insultes et accusations, visant les instincts les plus vils (racisme, sexisme, ..). La vérité factice qualifiée de « post-vérité » se substitue à la « vérité réelle ».

Cette dérive se poursuit après les élections, et on peut constater que les tweets de Trump tiennent lieu de décision pour l’Amérique et pour le Monde, tout en laissant une incertitude totale sur l’effectivité de ses annonces (qui hélas alimentent nos commentateurs zélés), tandis que le vécu réel des populations, la réalité sociale, économique et financière du pays sont livrés à des déterminismes qui ne semblent pas affectés par le choix de ce président plutôt qu’un autre !

♦En fait, aux USA, la fabrique de « fake-news » est devenue une industrie en soi, substituant la communication à la politique, et ce glissement est favorisé non seulement par l’exploitation des réseaux sociaux qui améliorent l’efficacité de la diffusion, mais par la bipolarisation (démocrates et républicains) qui pousse à traiter l’adversaire en ennemi à éliminer, et plus encore par une liberté d’expression absolue inscrite dans la Constitution américaine qui conduit au relativisme : tout se vaut…, on nous cache la vérité… ; tout ce qui arrive, tout ce qu’on nous dit, a été comploté.

♦Pour la Russie de Poutine, les « fake-news » sont utilisées en politique extérieure, principalement semble-t-il, comme instrument de guerre sur l’échiquier géopolitique : déstabiliser les démocraties occidentales, tenter de placer ses pions, montrer sa force…

♦En France, l’Internet et les réseaux sociaux constituent aussi un terrain de jeu pour les amateurs de théories du complot, ainsi qu’un moyen de véhiculer dans l’anonymat calomnies et idéologies toxiques (racisme, antisémitisme, salafisme…).

En direct de Mediapart…
Un soupçon de faux et usage de faux

Pendant qu’on en parlait, les « fake-news » continuaient…
Dans le feuilleton du financement libyen de la campagne de l’ex-président N.Sarkozy, alimenté par les révélations de Mediapart, les démentis de l’intéressé, et le déroulement de la justice, un épisode crucial survenu le 23 mars a retenu à Paris Edwy Plenel directeur de Mediapart, qui devait participer à la table ronde, et qui a dû s’excuser.

Mais heureusement, il existe encore un service public de radio-télévision, une presse indépendante y compris numérique aux côtés de media d’opinion pas entièrement soumis aux pouvoirs financiers qui les possèdent.
Notre laïcité, qui implique le respect de la liberté d’expression et, beaucoup plus qu’aux USA, celui de la liberté de conscience, développe en chaque individu une capacité de résistance à la duplicité, ce qui limite l’ampleur et les effets du phénomène qui reste cependant un danger.

Au demeurant, le feuilleton des dernières élections présidentielles ou le feuilleton du financement libyen de la précédente campagne de Sarkozy, nous démontent que les « fausses nouvelles » d’un jour peuvent être reconnues vraies le lendemain : la volonté de protéger la démocratie ne doit pas risquer d’altérer la liberté et l’indépendance du journalisme d’investigation.

 

Eric Fayet anime la table ronde avec Didier Desormaux (à dr.), Marie-Elisabeth Baudouin et Vincent Michelot

Est-ce un phénomène nouveau ?

Comme l’ont illustré les exposés des historiens au cours de la journée d’étude du 24 mars, les bruits et rumeurs ont été utilisés de tous temps. Comme moyen de manipuler l’opinion dans des opérations de propagande visant à rendre acceptable par exemple la guerre. Pour monter les populations les unes contre les autres par la fabrication de boucs-émissaires responsables des maux qu’on ne peut pas guérir. Pour  combattre l’adversaire politique par discrédit et même accusation de crime.

Sans internet, sans réseaux sociaux, les rumeurs se répandaient néanmoins, de bouche à oreille sans doute, mais aussi par les moyens technologiques de l’époque, les bulletins et affiches transportés à vitesse de cheval, les crieurs publics, ou le télégraphe plus récemment… Et pour reprendre (perfidement) un trait d’humour de Jean-Luc Fray, non sans lien avec la laïcité, comment donc s’est répandue la nouvelle de la naissance de Jésus ? la « bonne nouvelle » n’était-elle pas qu’une « fake-news » ?

Philippe Bourdin anime la table ronde avec les conférenciers du samedi matin, Jean-Luc Fray, Hervé Leuwers, Hélène Guillot (à sa droite) et Pierre-Yves Beaurepaire.

A quoi peut-on attribuer l’accroissement récent du phénomène

Internet et les réseaux sociaux ont évidemment permis un accroissement du phénomène du fait de la puissance et de la disponibilité des outils, et du fait de la rapidité de la diffusion, du fait aussi que la jeunesse est une cible particulièrement connectée et potentiellement réceptive.

Les « fake-news » concernent-elles seulement la politique

Evidemment non, le flot mediatique nous submerge d’annonces publicitaires pour promouvoir la consommation de produits qui n’ont pas toujours les vertus annoncées. Qu’il s’agisse de leur utilité, de leur performance, ou de leur prix d’achat. La communication à but commercial influence le consommateur mais peut aussi le tromper gravement. En matière commerciale, le mensonge par omission est une pratique courante qui peut parfois aboutir à des situations graves et d’autant plus scandaleuses quand elles ont été  installées avec  une complicité des pouvoirs publics trop longtemps cachée, qui menacent la santé publique, (exemple des pesticides), l’environnement (exemple du diesel), la morale (exemple des produits importés fabriqués sous esclavage).

Les « fake-news » ont-elles des effets avérés?

En matière économique, les effets désastreux des « fake-news » de propagande sont suffisamment évidents pour être reconnus. Mais il ne faut pas pour autant développer une méfiance systématique.

En matière politique, et pour les cas récents, aucune étude scientifique ne permet actuellement d’affirmer avec certitude l’impact des « fake-news » sur l’élection de Trump ou le Brexit. En fait il s’agit d’un jeu dangereux à effet boomrang possible, comme on l’a observé au cours de la campagne des présidentielles en France, dans la succession des accusations à l’encontre de F.Fillon et de ses dénis.

En revanche, un effet redoutable pour la démocratie est la perte de crédibilité de la parole des hommes politiques, celle des medias, celle des experts, celle des intellectuels. Un effet, à moins qu’une certaine complaisance de ces derniers soit aussi une cause de cette perte de crédibilité !

Les fausses nouvelles, comment s’en protéger ?

Du fait que les Etats sont eux-mêmes producteurs de « fake-news » ou complices (souvent par omission) il vaut mieux ne pas confier à la puissance publique le contrôle de ce qui est vrai ou faux. Le risque serait trop grand pour la liberté d’expression, la liberté d’information.

Plutôt que légiférer, il vaut mieux compter sur les parades que sont l’éducation et le journalisme authentique.

D’abord l’éducation, l’instruction. L’école a en charge la formation de l’esprit critique en général et la formation de citoyens éclairés et autonomes dans leur jugement. Toutes les disciplines scolaires contribuent à cette formation par l’apport de connaissances, et par l’entraînement au doute, au raisonnement, à l’argumentation, à la reconnaissance de l’erreur. Le développement de l’esprit critique à l’égard des medias et notamment des nouveaux medias familiers des jeunes est aujourd’hui une urgence : s’interroger sur les sources, croiser les informations, apprécier leur valeur, analyser les images, mais aussi la logique des discours. Les associations d’éducation populaire prennent toute leur part en proposant aux jeunes des situations originales pour l’investigation, le débat et la prise de responsabilités

(voir exemples présentés au cours des rencontres + exposé d'Eric Favey  

L’éducation forme les récepteurs. L’autre parade se trouve du côté des émetteurs. Le journalisme professionnel doit être défendu, avec sa déontologie, et doit pouvoir s’exercer dans le cadre de medias indépendants des pouvoirs, politiques ou économiques. Il faut de plus garantir le pluralisme des opinions. Il faut que soient préservées des sources d’information fiables par leur mode de fabrication que chacun saura reconnaître, et capables d’alerter l’opinion.

Ainsi les « fausses nouvelles », puisqu’on ne peut pas les empêcher, pourront continuer d’exister sans mettre en danger la démocratie.

 

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Accueil à la mairie de Clermont-Ferrand

Réception à l’Hotel de ville de Clermont-Ferrand
Les rencontres ont bénéficié du soutien de la mairie de Clermont-Ferrand.
Madame Cécile Audet, adjointe au maire, accueillle dans les salons de l’Hotel de Ville, la centaine de participants inscrits à la journée de samedi, pour un apéro-buffet offert par la mairie.

Clôture des Rencontres

Jacques Gelly, président de l’Union Régionale des Fédérations d’œuvres Laïques (URFOL)

se félicite de la bonne participation à ces Rencontres régionales à Clermont-Fd : des délégations de  8 fédérations sur 12, 6 Cercles Condorcet représentés, plus de 100 participants inscrits et plus de 250 auditeurs pour la table ronde. Il remercie les organisateurs et les intervenants, ainsi que nos soutiens, la mairie de Clermont-Fd, l’Université Clermont-Auvergne, la Fondation A.Varenne, le Conseil départemental. Il annonce que les prochaines Rencontres régionales se tiendront à Lyon.

 


Une publication à venir : les actes de ces rencontres

Les interventions de la table ronde du 23 mars et les conférences de la journée d’étude du 24 mars feront l’objet d’une publication par les Presses Universitaires Blaise Pascal en partenariat avec la Fondation Alexandre Varenne, à paraître en juin 2018.

Par ailleurs, les enregistrements vidéo, réalisés par le service de diffusion de la Maison des Sciences de l’Homme, seront disponibles en ligne sur le site internet de l’Université.

 


Bibliographie

 

L’homme politique et la presse De Camille Desmoulins à Emile de Girardin

Sous la direction de Philippe Bourdin et J.C. Caron. A paraître aux PUBP en juin 2018

Les bornes de la liberté.

La tribune de la presse et la figure du notable.

Les porte-voix de la réaction catholique.

La valeur de l’information

Edwy Plenel, Ed. Don Quichotte, mars 2018

« La jeune et brève histoire de Mediapart fait partie de ces nombreuses volontés citoyennes résistant à la régression qui donne la main aux plus forts et aux plus riches, c’est-à-dire aux États qui surveillent et aux financiers qui spéculent. … »

 

Le complotisme : décrypter et agir

Jérôme Grondeux, Didier Desormeaux –  Editions CANOPE, avril 2017

D’où vient le complotisme ?

Comment fonctionne-t-il ?

Que peut l’école face à lui ?


Deux livrets du Cercle Condorcet, disponibles en ligne sur ce site

Information ou manipulation  Défendre la raison

 

Rencontres régionales (part. 1) – L’éducation aux medias, parade contre les « fake-news »

Mis en ligne le Posted on par Pierre MIELE

Plusieurs exemples d’actions d’éducation aux medias, conduites dans le cadre de Fédérations départementales de la Ligue de l’Enseignement,  ont été présentées lors des Rencontres régionales de la laïcité organisées à Clermont-Ferrand les 23 et 24 mars 2018, consacrées au thème « Les fausses nouvelles dans l’espace démocratique » .

Education aux medias : des exemples

Utiliser les réseaux sociaux. Développer l’esprit critique à l’égard des réseaux sociaux par Camille Montorio, Chargée de projets et formation, Service Education Populaire – Ligue 42

Pour sa communication propre, la Ligue doit savoir mettre les réseaux sociaux à son service, pour l’efficacité de la diffusion et pour s’adresser aux publics utilisateurs, de plus en plus nombreux. Mais elle doit aussi contribuer à utiliser ces supports pour participer à l’éducation des citoyens et par le développement de l’esprit critique.

Dans le Rhône et la Loire, la Ligue propose des ateliers d’éducation centrée sur la lutte contre les « fausses nouvelles » et les « théories du complot », dans le cadre scolaire, dans le cadre des activités de loisir, ou encore en centre de détention. Différents supports et techniques sont mis en œuvre : débat à partir d’une photo, pratique de la vidéo avec effets spéciaux, piratage de page web avec le logiciel X-Ray Goggles, identification de sites complotistes, utilisation des sites et émissions de décodage de l’information.

Vérifier une source avant de partager une information, c’est capital !!! C’est le message que délivre notre mouvement à travers les réseaux sociaux et les ateliers.

Radio Bocage par Ligue in mouv’03 , par Pascale GILLES, déléguée générale – Ligue de l’Enseignement de l’Allier

Radio associative de proximité, Radio-Bocage est de catégorie A, ce qui la distingue des autres radios par ses activités économiques non commerciales. Diffusée 24h/24, cette radio défend les valeurs de notre mouvement Ligue. Elle vise à former des citoyens autonomes et responsables et à développer une véritable solidarité dans une République laïque, et ce au travers d’ateliers auprès de publics divers qui sont retransmis. Une grille de programmes allie des plages d’animation en direct avec des chroniques thématiques.
Des créneaux d’antenne sont laissés à des structures ou collectivités pour des rubriques régulières.

La radio est un outil pédagogique très motivant, qui, de plus, permet de mettre en valeur chaque jeune, de par le rôle primordial de chacun. Gestion de soi, maîtrise de la langue, citoyenneté… les jeunes apprennent à concevoir combien sa fonction au sein du groupe a un impact sur le résultat final. La pratique de l’oralité par l’intermédiaire de la radio peut même aider les jeunes à surmonter leurs difficultés de prise de parole : le cadre est différent. Un « studio itinérant », en projet, permettra l’accessibilité à la culture et l’expression de chacun dans un département de grande surface.

« Couleur Cantal », une web-tv

Paul Dufour a présenté « Couleur Cantal», la web-tv associative initiée, éditée et réalisée par la FAL du Cantal, sa ligne éditoriale, ses contenus, son fonctionnement. L’expérience en cours depuis 2010, a permis de donner la parole à des publics qui ne l’ont jamais, de donner une visibilité à des actions pédagogiques, artistiques, culturelles, et de sensibiliser des jeunes à la création et à la diffusion de l’information.

 

Un projet de classe autour de la critique

par Anna Martinez – Ligue du Puy-de-Dôme – Service mediation culturelle

Au titre de la Ligue 63 Anna Martinez présente une expérience d’éducation aux medias réalisée dans une classe de 1ère du lycée A.Brugière avec le professeur qui a intégré ce travail dans son programme de l’année. La classe a également été accompagnée par un journaliste, formateur au titre de la Fondation Varenne. La démarche a débuté par une initiation à la critique de spectacle à l’occasion de Spectacles en recommandé. Elle s’est poursuivie par un travail sur les préjugés, dans le cadre de leur rencontre/interview avec une équipe de rugby féminine.

Le professeur Mme Madebenne, le journaliste M.Rémi Bouquet des Chaux, et quelques élèves ont témoigné de l’intérêt qu’ils ont perçu dans cette expérience pour l’apprentissage de l’esprit critique.

 

Pour la cause du discernement

par Eric Favey, président national de la Ligue de l’Enseignement

 (Extraits – L’intégralité de cette  intervention sera publiée dans les actes des Rencontres.)

Après avoir rappelé la différence entre «nouvelle» et « information» et l’existence des nouvelles fausses depuis toujours, Eric Favey décrit les obstacles à la vérité que sont la « vérité instituée» et la « vérité à géométrie variable », face à la «vérité questionnée» qui est au cœur de la connaissance scientifique.

Les medias numériques constituent un accélérateur de bobards.

Pour la Ligue de l’Enseignement, l’information est constitutive de la citoyenneté et de son exercice. C’est pourquoi elle y répond par deux démarches liées : l’éducation aux médias et à l’information (EMI)  et la construction d’alliances avec certains médias pour produire et analyser l’information. La fabrique du citoyen à laquelle la Ligue est attelée depuis son origine est une fabrique partagée : c’est une œuvre coopérative. Elle appelle le concours de toutes les bonnes volontés.

La laïcité est une véritable chance comme cadre et dynamique du dialogue et de la recherche de la vérité  pour y parvenir. Il est essentiel de la mobiliser à bon escient contre les fanatismes, les dogmes et les barbaries modernes. Les « fake news » les nourrissent et s’en repaissent à la fois.

Rentrée 2017 : nouvelle publication, nouveau bureau et des projets ambitieux

Mis en ligne le Posted on par Pierre MIELE

L’article ci-après a été publié dans La Montagne, le 14 octobre 2017, après la réunion de rentrée de notre cercle.

Cercle Condorcet : une nouvelle publication, un nouveau bureau, et des projets ambitieux

A l’occasion de sa rentrée, le Cercle Condorcet du Puy-de-Dôme diffuse sa dernière publication, un livret consacré à « Défendre la raison en de sombres temps », fruit de ses travaux de l’année passée. Dans l’actualité de ces dernières années, de nombreux événements ont mis en évidence un échec de la raison face à des modes de pensée qu’on pouvait penser secondaires, inopérants ou inoffensifs. Mais l’irruption dramatique de radicalités religieuses, la menace d’une progression dans l’opinion publique des idées d’extrême-droite, mais aussi les politiques aveugles face à l’extraordinaire accroissement des inégalités sociales dans nos démocraties, obligent à s’interroger sur la puissance des modes de pensée qui les sous-tendent et défient la raison. Ce n’est pas la première fois depuis la Révolution Française que l’obscurantisme et la tyrannie l’emportent sur les Lumières et la démocratie, mais les institutions de notre République, son école et son principe de laïcité, doivent encore aujourd’hui mener le combat contre ces menaces, en toute lucidité.

Le Cercle a défini pour l’année à venir son nouveau thème de travail pour un futur livret qui portera sur « L’égalité des citoyens devant la justice », avec le concours de professionnels invités, juristes, magistrats, avocats. Il s’agit, en illustrant par des études de cas, d’éclairer les citoyens sur les sources d’inégalité potentielles ou réelles, mais aussi sur les dispositions prises par les institutions et les acteurs de la justice pour éviter ou compenser ces risques qui existent bien évidemment.

En mars 2018, avec la Ligue de l’Enseignement, le Centre d’Histoire « Espaces et Cultures » de l’Université Clermont-Auvergne et d’autres partenaires, le Cercle Condorcet organisera à Clermont-Ferrand, les cinquièmes « rencontres régionales de la laïcité », organisées précédemment à Lyon ; une table ronde et des conférences ouvertes au public traiteront du thème particulier des « fausses nouvelles dans l’espace démocratique » (le phénomène des fake-news), autrement dit de la question de la vérité en politique notamment.

Un programme d’activités particulièrement important donc.

Le cercle tient une réunion ordinaire au rythme d’une fois par mois, où les contributions sont présentés et débattues. Ces réunions des adhérents sont ouvertes à toute personne du Puy-de-Dôme désireuse de participer à de tels débats citoyens, sur simple demande adressée à un des membres ou au président via le site internet du Cercle.

A la suite de la dernière assemblée générale, le bureau de six membres a été recomposé accueillant deux nouveaux élus.

Un nouveau livret : « Défendre la raison en de sombres temps »

Mis en ligne le Posted on par admin

Ce 17ème livret est consacré à la défense de la raison contre les formes de pensée qui s’opposent à elle et semblent parfois triompher…

Le sujet a été choisi début 2016 dans le contexte des attentats liés à l’islamisme radical, et celui de la progression du Front National confirmée par les résultats des élections régionales (*). De quoi susciter un questionnement de fond sur les modes de pensée qui guident les comportements tant des individus que ceux des groupes, et même des Etats. D’autres événements, survenus depuis, en ont renforcé l’urgence : réactions à l’accueil des migrants, attaques contre la laïcité, perversion de la démocratie en France et en Europe par ceux qui ont en charge de la faire respecter, inégalités de plus en plus criantes, élection de Trump…

Il y a là une mise en danger, qu’on espère partielle et momentanée, des valeurs héritées des Lumières.


Le livret peut être consulté et téléchargé sur le site Cliquer ici


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