Les fausses nouvelles : parution du livre

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Aboutissement des Rencontres régionales de la laïcité organisées en mars 2018 par le Cercle Condorcet et la Ligue de l’Enseignement, en partenariat avec le Centre d’histoire Espaces et Cultures (CHEC), sur le thème des fausses nouvelles, les actes des rencontres sont publiés aux Presses Universitaires Blaise Pascal.

L’ouvrage, dirigé par Philippe Bourdin et Stéphane Le Bras, professeurs au CHEC, réunit les contributions des intervenants de la table ronde du vendredi 23 mars consacrée aux « fake news » comme arme politique aux Etats-Unis, en Russie et en France dans l’actualité récente, celles de la journée d’étude du 24 mars où sont présentés des exemples historiques depuis l’époque médiévale en France, celle d’Eric Favey, président de la Ligue sur l’importance et l’urgence de la formation des jeunes à l’exercice de l’esprit critique, notamment dans l’usage des medias.

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« Défendre la raison en de sombres temps », une conférence de Christian Godin

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_img_4582Le 7 novembre, le Cercle invitait le philosophe Christian Godin pour une conférence publique à l’ESPE.

Le texte de cette conférence sera publié intégralement dans le prochain livret du cercle.
En substance :

 « La philosophie des Lumières a fait de la raison une valeur centrale ; elle a réalisé partiellement ses idéaux de démocratie et d’éducation dans une large partie du Monde. Mais force est de constater qu’elle a aussi rencontré d’épouvantables trahisons, barbarie, crimes contre l’humanité, mais aussi destruction de l’environnement, … qui font douter que le progrès puisse être la loi de l’histoire. Les croyances et les émotions concurrencent la raison… Mais il ne faut pas baisser les bras ! Les idéaux des lumières sont toujours d’actualité, ils ne sont jamais achevés ! »

La place des femmes et les premiers combats pour l’égalité

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Olympe de Gouges
Olympe de Gouges

Conférence de Philippe Bourdin au Cercle Condorcet

Le Concile de Trente (1542-1563) a pesé longtemps – et a encore des conséquences contemporaines – sur la place assignée aux femmes en société, en famille, dans l’intimité, sur la conception-même de notre rapport au corps et à la sexualité. Le concile produit en effet une théologie de la soumission, qui affirme, entre autres, le refus de la polygamie, de l’illégitimité, le nécessaire accomplissement du devoir conjugal pour la préservation de l’espèce, la condamnation du célibat et du plaisir charnel1. La nature-même de la femme est en cause …

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Condorcet et les projets scolaires de la Révolution

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Conférence de Philippe Bourdin, professeur d’histoire moderne à l’Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand, devant notre cercle

L’éducation n’occupe que 11% des revendications mises en forme dans les cahiers de doléances, en un pays où les collèges n’accueillent guère plus de 50 000 élèves, où les étudiants sont moins de 15 000. Pour les ruraux, marqués par les arguments de la Réforme catholique et par les curés souvent sollicités pour la rédaction des lignes afférentes, l’école éduque avant d’instruire. Prolongement naturel de l’oeuvre d’assistance et de charité, elle doit diffuser le catéchisme, une morale individuelle et sociale, inculquer la civilité, les notions d’ordre et de travail. Le maître d’école est donc le plus souvent vu comme un auxiliaire du prêtre, quand celui-ci ne tient pas directement entre ses mains les rênes de l’enseignement. Cependant, il est aussi un nombre non négligeable de doléances qui plaident pour un renouveau sensible, une « laïcisation » – le terme est lors anachronique – des buts et du fonctionnement des écoles, privilégiant la lecture, l’écriture, les mathématiques et, comme le veulent les villes portuaires, des enseignements spécialisés. La gratuité d’accès au savoir est un thème récurrent ; la prise de conscience du handicap de l’analphabétisme est d’autant plus forte que l’économie de marché est présente, avec son cortège de contrats, d’actes notariés, les espoirs de promotion sociale que font naître les échanges entre campagnes et villes.

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« Les citoyens n’ont rien à redouter de la nouvelle région » : un éclairage de René Souchon devant le Cercle Condorcet

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René Souchon et Pierre MieleLundi 5 octobre, le Cercle Condorcet de Clermont-Ferrand avait invité le président de la Région Auvergne, René Souchon, à donner son éclairage sur la réforme des régions, ses enjeux et conséquences pour les citoyens. C’est ce qu’il a fait sans langue de bois devant un public nombreux et très attentif.

S’il ne cache pas avoir souhaité une réforme territoriale différente et une région « Massif central » plutôt que l’union Auvergne-Rhône-Alpes -ce qui n’était plus possible puisque la partition des départements n’était pas envisagée-, il estime que la décision étant prise, il convient de préparer au mieux l’avenir de cette nouvelle région qui sera une très grande région française, la seconde après l’Ile de France, par ses 7,6 millions d’habitant et son poids économique.

Constituer des régions de plus grande taille, on en parlait depuis plus de dix ans, mais cela n’est pas suffisant pour atteindre le standard européen. Il regrette en effet la faiblesse des moyens financiers qu’auront à gérer les régions françaises au regard des régions allemandes ou espagnoles par exemple, qui limitera grandement leur capacité d’intervention ; il regrette également le maintien des départements et donc d’un partage des compétences certes redéfini mais toujours source de confusions ou de contradictions, au moment où se mettent en place l’intercommunalité et les métropoles.

Il décrit une à une les compétences des nouvelles régions, les avancées qu’elles permettront et parfois les limites. Ainsi les régions auront la compétence exclusive d’octroi des aides au développement économique, mais pas pour l’agriculture qui relèvera des départements  ; le tourisme pourtant secteur économique important sera une compétence partagée avec les communautés de communes, et la culture restera une compétence de toutes les strates territoriales.

En revanche, le schéma régional d’aménagement du territoire fera loi pour tous : réseaux de transports, réseaux numériques, foncier, environnement et développement durable, mobilité interurbaine et transports scolaires.

René Souchon se félicite du travail entrepris sans attendre par les deux présidents, leurs équipes et les deux administrations des actuelles régions : comparaison des modes de fonctionnement et harmonisation quand c’est nécessaire ; répartition des directions régionales  : par exemple, la direction de l’agriculture et de la forêt aura son siège à Clermont ; poursuite des projets spécifiques engagés, comme le déploiement du numérique en milieu rural pour lequel l’Auvergne est en avance. Il rappelle que les fonds européens sont « fléchés » et ne seront donc pas « fusionnés ».

L’Auvergne a des atouts nombreux qui seront valorisés et renforcés par la puissance de la nouvelle région, ce qui devrait renforcer le potentiel en matière d’emploi. Notre Université enfin réunifiée sera une grande université avec ses domaines d’excellence, comme le cancéropole. Les projets innovants, comme le quartier numérique de Clermont, seront bien sûr poursuivis.

Certains services de l’Etat en région pourraient souffrir de regroupements et donc de pertes d’emplois. Cependant, les rectorats ont été sauvegardés après une une intervention forte des deux présidents pour en défendre la nécessité.

Selon René Souchon, le risque de concentration n’est pas fondé pour ce qui concerne les services de la région, du moins en l’état des décisions actées par les deux parties. Aux interrogations sur l’éloignement des centres de décision et des services, ou sur la prise en compte de la ruralité, il répond que les technologies de communication modernes d’ores et déjà mises en œuvre, rendent inutile la concentration des administrations et des directions : les bureaux resteront répartis ; Clermont continuera d’abriter services et responsables ; il faut raisonner en termes d’antennes locales reliées et coordonnées.

Mais René Souchon reconnaît qu’une part des décisions et de leur mise en œuvre dépend des hommes et des femmes qui en auront la charge car c’est la qualité des élus qui fait l’essentiel et il convient donc de rester vigilant. Il préconise d’exiger en premier que les élus fassent leur travail d’élu, en principe à temps plein pour un élu régional, et de mettre fin une fois pour toutes au cumul des mandats.

Le Cercle Condorcet de Clermont remercie vivement le président René Souchon pour cet éclairage détaillé fort instructif et va poursuivre en interne ses travaux d’investigation sur ce thème, conformément à son objectif de vigilance citoyenne.