Régionales : faire barrage au FN

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Le Cercle Condorcet de Clermont-Ferrand relaie ce message de la Ligue de l’Enseignement :

A l’issue du premier tour des élections régionales, le Front National arrive en tête du scrutin dans six régions. Avec un taux d’abstention très élevé, le parti d’extrême-droite se félicite d’être aujourd’hui le premier parti de France. C’est une véritable gifle pour les partis républicains et, au-delà, une alerte pour tous les acteurs de la démocratie républicaine.

Pour la Ligue de l’enseignement, il n’est pas envisageable  qu’une seule région soit présidée par un élu venant  d’un tel parti. Une victoire du FN, renvoyant  aux années les plus sombres de l’histoire de notre pays, auraient des conséquences dramatiques pour la France et ses habitants : repli de la scène internationale et européenne, division de la population, stigmatisation des plus fragiles, archaïsme économique et sociétal. C’est aussi l’étranglement programmé des associations et le reniement total des valeurs de la République : une laïcité instrumentalisée, une fraternité inexistante, des libertés menacées, une égalité des droits mise à mal.

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« Les citoyens n’ont rien à redouter de la nouvelle région » : un éclairage de René Souchon devant le Cercle Condorcet

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René Souchon et Pierre MieleLundi 5 octobre, le Cercle Condorcet de Clermont-Ferrand avait invité le président de la Région Auvergne, René Souchon, à donner son éclairage sur la réforme des régions, ses enjeux et conséquences pour les citoyens. C’est ce qu’il a fait sans langue de bois devant un public nombreux et très attentif.

S’il ne cache pas avoir souhaité une réforme territoriale différente et une région « Massif central » plutôt que l’union Auvergne-Rhône-Alpes -ce qui n’était plus possible puisque la partition des départements n’était pas envisagée-, il estime que la décision étant prise, il convient de préparer au mieux l’avenir de cette nouvelle région qui sera une très grande région française, la seconde après l’Ile de France, par ses 7,6 millions d’habitant et son poids économique.

Constituer des régions de plus grande taille, on en parlait depuis plus de dix ans, mais cela n’est pas suffisant pour atteindre le standard européen. Il regrette en effet la faiblesse des moyens financiers qu’auront à gérer les régions françaises au regard des régions allemandes ou espagnoles par exemple, qui limitera grandement leur capacité d’intervention ; il regrette également le maintien des départements et donc d’un partage des compétences certes redéfini mais toujours source de confusions ou de contradictions, au moment où se mettent en place l’intercommunalité et les métropoles.

Il décrit une à une les compétences des nouvelles régions, les avancées qu’elles permettront et parfois les limites. Ainsi les régions auront la compétence exclusive d’octroi des aides au développement économique, mais pas pour l’agriculture qui relèvera des départements  ; le tourisme pourtant secteur économique important sera une compétence partagée avec les communautés de communes, et la culture restera une compétence de toutes les strates territoriales.

En revanche, le schéma régional d’aménagement du territoire fera loi pour tous : réseaux de transports, réseaux numériques, foncier, environnement et développement durable, mobilité interurbaine et transports scolaires.

René Souchon se félicite du travail entrepris sans attendre par les deux présidents, leurs équipes et les deux administrations des actuelles régions : comparaison des modes de fonctionnement et harmonisation quand c’est nécessaire ; répartition des directions régionales  : par exemple, la direction de l’agriculture et de la forêt aura son siège à Clermont ; poursuite des projets spécifiques engagés, comme le déploiement du numérique en milieu rural pour lequel l’Auvergne est en avance. Il rappelle que les fonds européens sont « fléchés » et ne seront donc pas « fusionnés ».

L’Auvergne a des atouts nombreux qui seront valorisés et renforcés par la puissance de la nouvelle région, ce qui devrait renforcer le potentiel en matière d’emploi. Notre Université enfin réunifiée sera une grande université avec ses domaines d’excellence, comme le cancéropole. Les projets innovants, comme le quartier numérique de Clermont, seront bien sûr poursuivis.

Certains services de l’Etat en région pourraient souffrir de regroupements et donc de pertes d’emplois. Cependant, les rectorats ont été sauvegardés après une une intervention forte des deux présidents pour en défendre la nécessité.

Selon René Souchon, le risque de concentration n’est pas fondé pour ce qui concerne les services de la région, du moins en l’état des décisions actées par les deux parties. Aux interrogations sur l’éloignement des centres de décision et des services, ou sur la prise en compte de la ruralité, il répond que les technologies de communication modernes d’ores et déjà mises en œuvre, rendent inutile la concentration des administrations et des directions : les bureaux resteront répartis ; Clermont continuera d’abriter services et responsables ; il faut raisonner en termes d’antennes locales reliées et coordonnées.

Mais René Souchon reconnaît qu’une part des décisions et de leur mise en œuvre dépend des hommes et des femmes qui en auront la charge car c’est la qualité des élus qui fait l’essentiel et il convient donc de rester vigilant. Il préconise d’exiger en premier que les élus fassent leur travail d’élu, en principe à temps plein pour un élu régional, et de mettre fin une fois pour toutes au cumul des mandats.

Le Cercle Condorcet de Clermont remercie vivement le président René Souchon pour cet éclairage détaillé fort instructif et va poursuivre en interne ses travaux d’investigation sur ce thème, conformément à son objectif de vigilance citoyenne.