Le Cercle en réunion de fin d’année

Mis en ligne le Posted on par Pierre MIELE

Enfin ! Pouvoir se retrouver, masqués ou pas ! C’est à Egliseneuve d’Entraigue que le Cercle Condorcet a pu tenir sa journée de fin d’année, sur invitation de ses membres autochtones. Occasion de découvrir quelques richesses naturelles de cette belle région aux confins du département, ainsi que sa gastronomie, car, même en journée d’étude, il faut bien se restaurer ! Malgré les absences, ce fut un bon moment !

Comme les autres associations, le Cercle Condorcet a fonctionné au ralenti pendant toute cette année de Covid. Les réunions mensuelles ont été maintenues grâce à la visio, mais non sans difficulté et avec une partie des effectifs seulement. Le thème de l’année était « la violence dans la société» ; un ou plusieurs nouveaux thèmes seront choisis à la rentrée prévue le 6 septembre.

Dossier Violence (3) – Violence vs non violence

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par Gilbert Cambe

« Une manière d’être et d’agir dans le conflit, qui respecte l’autre. […]
La non-violence, c’est se servir de la vie pour gagner, tandis que dans la violence tu menaces toujours l’autre de la mort, de sa mort
. » Jacques Sémelin – La non-violence expliquée à mes filles.

La non-violence, depuis les grandes campagnes de désobéissance civile de Gandhi, bénéficie d’un renouveau tant dans les principes que dans la pratique. Nombreux sont les auteurs et actions qui sont influencés par l’approche gandhienne, même si le mot non-violence n’est pas toujours prononcé.

Elle est d’abord pratique collective de lutte, avant d’être attitude fondamentale dans la vie individuelle, même si les deux sont souvent liés.  L’image de passivité rattachée souvent au terme de la non-violence ne résiste pas à la lecture des auteurs qui partent souvent précisément du conflit pour l’expliquer. La non-violence est aussi une philosophie qui délégitime la violence et promeut le respect de l’autre dans le conflit. La non-violence est en outre une stratégie d’action politique proactive et pacifique qui rejette l’utilisation de la violence dans la résolution des conflits. Elle est enfin un moyen de sensibiliser l’opinion publique qui contribue à exercer une contrainte sur l’adversaire pour l’amener à négocier.

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Dossier violence (2bis) : A propos de violences policières

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Pierre Miele, décembre 2020

Une mobilisation citoyenne contre la loi de sécurité globale peut être observée… Le refus de la violence des autorités est une tendance sociétale de fond qu’il n’est pas possible d’ignorer : celle de l’Etat, après celle du mari, du père, de l’enseignant, du prêtre… Les graves « bavures policières » de ces derniers temps ont renforcé cette mobilisation et l’hostilité de la population à l’égard de ce qui apparaît comme une nouvelle étape dans une dérive de la fonction policière avec  le recours à la violence.

Sûreté ou sécurité : de la confusion des buts

La Police est nécessaire à la république, comme le stipulent la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789  (article 12) : « La garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux à qui elle est confiée. » et la Déclaration universelle des droits de l’Homme (ONU, 1948, article 3) « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. » La police républicaine a pour mission première d’assurer la sûreté, c’est-à-dire la protection des personnes pour le respect de leurs droits quand ceux-ci  sont menacés ; et non pas la sécurité comme protection a priori des biens des personnes ou des institutions. C’est bien la dérive qu’opèrent les politiques sécuritaires de ces dernières décennies (caméras de surveillance, contrôles d’identité, fichage, …, armes et armures anti-manifestants ).

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Dossier violence (2) – Ordre et justice, force et violence

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ou « Blaise au Far-West »

André Malvezin, décembre 2020

Si l’on veut observer l’évolution de la violence dans la construction des sociétés humaines, les exemples ne manquent pas. Il en est un bien connu et relativement récent : la création des Etats-Unis d’Amérique, des premiers conflits entre les tribus amérindiennes et les nouveaux arrivants en provenance d’Europe (1), jusqu’à la relégation, à la fin du 19ème siècle, des dernières tribus rebelles dans des réserves, après ce qu’on peut appeler un génocide. Passons sur la guerre d’Indépendance, l’esclavage des noirs, la guerre civile dite « de Sécession », une succession de violences majeures.

Ce qu’on appelle la « Conquête de l’Ouest » commence avec la ruée vers l’or en Californie en 1849 et continue en 1862 avec la colonisation des Grandes Plaines et la création de villes en un temps record, qui voient prospérer la criminalité et les structures pour la contenir. C’est surtout cette époque que décrivent la plupart des « westerns », genre cinématographique caractérisé par sa violence. L’intérêt de ces films ne se résume pas aux immenses troupeaux de bovins et de leurs garçons vachers (cow boys) aux chevauchées épiques. Il réside dans le témoignage de la création d’un pays, des différents Etats qui le composent et des villes naissantes. Ce sont de véritables documentaires (je précise que je parle là des westerns américains « classiques », de John Ford et compagnie, et non des westerns « spaghetti » qui n’en sont que la caricature et la dégénérescence). Le western américain, en général, est moins simpliste qu’on pourrait le croire et présente des situations souvent cornéliennes (conflits de devoirs et d’intérêts) et des personnages complexes (les héros ont fréquemment des failles intimes, des drames cachés). Ces subtilités apparaissent dans l’action et sont rarement verbalisées, contrairement au cinéma européen, français surtout (2), c’est pourquoi nous avons parfois du mal à les voir.

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Après l’assassinat de Samuel Paty

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L’assassinat de Samuel Paty, professeur d’histoire et de géographie à Conflans Ste Honorine, est une horreur absolue. Il a été décapité pour avoir fait son travail, apprendre à ses élèves ce qu’est la liberté de s’exprimer, de douter, de critiquer, comme il devait le faire dans l’Ecole de la République.

Pour autant, ni la laïcité, ni l’école, ni la République ne sauraient être en danger. La République a des lois et des institutions qui permettent de prévenir, combattre, punir les crimes, qu’ils soient de motif religieux ou de motif sordide. Elle ne peut cependant pas les empêcher totalement et  il n’y a pas lieu de changer la loi chaque fois qu’un individu passe outre, en isolé ou comme agent kamikaze d’une organisation ! Il faut que les réseaux maffieux de la pensée comme ceux de la cupidité soient pourchassés partout sans complaisance. Point de généralisation abusive, point de surenchère,  point de stigmatisation communautaire, point d’exploitation électoraliste d’une émotion légitime. Que l’école poursuive son travail et que l’Etat la protège.

Continuons, à l’école et dans nos associations, à  former des citoyens à la pensée libre ; c’est le meilleur hommage à rendre à Samuel Paty.